Inventer des instruments d'évaluation d'intégration et d'insertion
Système Informatisé d’Evaluation des Programmes Psychosociaux
( En rapport avec le chapitre 5.3.5 du livre (Page 97) )
2) LA READAPTATION FONCTIONNELLE DE PATIENTS ADULTES PSYCHIATRISES
2.3) Contenu des programmes
2.3.3) Activités de la vie quotidienne
L’efficacité dans les activités de la vie quotidienne est désormais reconnue comme un des facteurs qui interviennent sur la capacité à demeurer dans son milieu.
C. Mercier dans une étude récente décrit la gestion de la vie quotidienne chez 272 patients ayant reçu un diagnostic de schizophrénie ou de psychose affective et sortis de l’hôpital Doublas à Montréal entre le 1er avril 1983 et le 31 mars 1984.
Cette gestion de la vie quotidienne concerne l’accomplissement des tâches ménagères générales, l’alimentation, l’approvisionnement et les biens, et finalement le transport.
Il apparaît qu’un grand nombre de patients masculins reçoivent une aide pour l’entretien de leur chambre, de leurs vêtements, pour la planification et la préparation des repas, pour la gestion de leur budget.
Ces patients ont une alimentation régulière mais déficitaire en fruits et légumes. Beaucoup ne mangent pas à leur goût ou à leur faim et se plaignent de la difficulté à se préparer des repas.
Si la presque totalité des sujets ont accès à un équipement de base (téléphone, radio, TV), peu nombreux sont ceux qui peuvent profiter d’autres appareils. Une bonne partie des sujets examinés reçoivent leurs vêtements en cadeau ou portent des vêtements de seconde main.
Enfin, près du tiers éprouvent des difficultés à voyager en métro et en autobus et ont une mobilité réduite dans l’espace urbain aussi bien qu’extérieur. Un tiers d’entre eux seulement ont des assurances.
Le classement des 10 activités considérées comme très difficiles pour les patients interviewés s’établit de la manière suivante :
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défendre ses droits (45%)
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prendre des décisions (40%)
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écrire une lettre (39%)
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se déplacer par les transports en commun pour de nouveaux trajets (35%)
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préparer les repas (31%)
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demander de l’aide lorsque nécessaire (31%)
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organiser sa journée (30%)
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faire le ménage (28%)
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lire les affiches (26%)
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utiliser les transports en commun pour des trajets courants (25%)
Elle observe par ailleurs une homogénéisation des statuts économiques de sorte que 3 statuts dominent :
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Bénéficiaire de l’aide sociale :
il s’agit d’un groupe comprenant autant d’hommes que de femmes, en majorité célibataires et peu scolarisés. Leur histoire psychiatrique est lourde : ce sont des sujets jeunes au moment de la première hospitalisation, qui ont fait de nombreux séjours en milieu hospitalier avec un diagnostic de schizophrénie.
Le pourcentage de non travailleurs avant la première admission est élevé et le marché du travail devient inaccessible suite aux hospitalisations ultérieures.
Pour ceux qui avaient une expérience professionnelle, la stabilité de l’emploi diminue (emplois de moins en moins qualifiés et peu rémunérateurs) et la coupure devient peut à peu irrécupérable avec l’alternance chômage, réhospitalisation.
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Ménagères :
il s’agit d’un groupe de femmes pour la plupart mariées et peu scolarisées. Leur histoire psychiatrique se caractérise par une admission tardive et par le rythme rapide des réhospitalisations.
L’éloignement du marché de l’emploi est, pour une majorité d’entre elles, antérieur à la première hospitalisation.
Le diagnostic le plus fréquent est celui de dépression. Cette clientèle ne peut guère espérer réintégrer le marché du travail.
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Travailleurs :
il s’agit d’un groupe comprenant autant d’hommes que de femmes, en majorités mariés, plus scolarisés et plus âgés. Leur histoire psychiatrique est plus récente et moins lourde. Leur histoire de travail se résume le plus souvent au maintien dans le même emploi qui est en général plus qualifié que la moyenne des emplois obtenus par l’ensemble de l’échantillon.