Volonté de coopération Européenne
La personne handicapée maître de sa réhabilitation
( En rapport avec le chapitre 4.3 du livre (Page 73) )
Quand le concept de la discrimination est abordé à propos d’une population porteuse de déficience, la première question qui se pose concerne l’effet stigmatisant des mots eux-mêmes.
Quel est le mot plus approprié, le moins discriminant ou stigmatisant pour parler de quelqu’un qui a des difficultés? Une Personne Différente? Exceptionnelle? Extraordinaire? Avec des Besoins Spéciaux? ... Au cours du Séminaire de Estoril – Portugal, quelqu’un soufrant de surdité a dit: «Je crois que les gens qui n’acceptent pas la différence, ne comprennent pas et s’affolent.» Il est aussi intéressant d’aborder cette question par le biais de l’expression artistique, notamment au niveau de l’expression plastique des malades mentaux, appelée Art Brut/Marginal/Psychotique, qui a révélé toute une richesse et une force sous-jacentes au malade mental et qui a beaucoup influencé les artistes modernes. On peut donc dire que les «marginalités alimentent la norme et la transforment», ce qui rend la dichotomie Normal/ Pathologique sinon caduque, du moins très relative face à l’évolution historique.
Cette question nous renvoie à une autre question : celle des concepts d’insertion et d’intégration.
L’insertion se rapporte à une idée d’acquisition de compétences et d’habilités, qui permet à la personne de trouver un rôle social, construire une identité et créer du lien social.
L’intégration est un processus collectif de reconnaissance de la participation de chaque personne au fonctionnement global de la société.
L’insertion est un mouvement de l’individu vers la collectivité;
l’intégration est un mouvement de la collectivité vers l’individu; ces mouvements sont complémentaires au sein de la lutte contre la discrimination.
Ainsi, la discrimination peut être entendue comme la restriction, la limitation de l’exercice et de la jouissance des droits de l’homme.
Dans ce sens, la discrimination est une stratégie, consciente ou inconsciente, de connotation négative, de la différence, qui se traduit par la fermeture de l’accès à certains, aux ressources de la communauté, à certains rôles et statuts par le moyen d’un traitement différentiel.
A l’opposé de la discrimination, l’inclusion est à la fois une stratégie individuelle (insertion) conduisant à la reconnaissance de l’autre dans son intégrité et une stratégie collective (intégration) permettant à tout citoyen de participer à tous les niveaux de la société démocratique.
L’inclusion nous apparaît ainsi comme un concept intégrateur des deux mouvements qui viennent d’être décrits : insertion et intégration.
Il s’agit d’un concept clé qui devra tenir compte de la contextualisation de la société postmoderne.
Nous pouvons donc essentiellement dire que la postmodernité se base sur une introduction progressive de l’image, qui occupe la place traditionnellement occupée par la pensée et le mot. Nous sommes de plus en plus ce que nous semblons être, et non ce que nous sommes effectivement. L’introduction des ressources modernes de l’informatique (les “images virtuelles” qui confondent le réel et l’imaginaire, l’Internet et le E-mail), ainsi que la force de la Communication Sociale sont des moyens de plus en plus puissants, sans lesquels nous courrons le risque de ne pas «exister».
D’un autre côté, la mondialisation et la globalisation nous standardisent et représentent un risque élevé d’atteinte au respect envers l’individualité/identité. Tout le processus d’inclusion, et évidemment de lutte contre la discrimination, doit donc passer par des actes de visibilité, de participation active et utiliser les nouvelles technologies d’information/dissémination. Il s’agit d’un mouvement qui doit promouvoir de plus en plus la culture de la coopération, en opposition à une culture individualiste et narcissique. Ainsi, la coopération représente un moyen, une stratégie fondamentale pour combattre la discrimination et pour valoriser l’individualité et identité de chaque citoyen.