Bonnes pratiques connues pour l'intégration des personnes avec problèmes
Forminser
( En rapport avec le chapitre 4.4 du livre (Page 74) )
6) Transfert des expériences et des méthodologies
6.1) Dimension culturelle
Les pays européens présentent entre eux des différences culturelles significatives. Dès lors, quelques notions doivent à priori être éclairées par une analyse différentielle :
Les valeurs relatives au travail
Selon les régions, un travailleur disposera de protections sociales plus ou moins importantes en ce qui concerne sa santé au travail, le maintien de revenus en cas d’arrêt du travail (chômage technique, grève, accident du travail, etc.). Les causes « acceptables » de licenciement, le congé parental, etc. Ces droits et protections sont d’autant plus développés que les régions concernées connaissent la démocratie depuis longtemps. Cela implique évidemment des conséquences au niveau des mentalités : dans ces régions, il n’est pas toléré que les privilèges acquis se perdent et des doléances sont assez régulièrement exposées aux patrons et aux gouvernements à ce sujet. L’augmentation des salaires et la diminution du temps de travail (avec maintien des salaires) sont à l’avant-plan des doléances actuelles dans un certain nombre de pays de l’Europe de l’Ouest.
La promotion sociale
On note l’existence de filières de formation au-delà des modes traditionnels de scolarité, par exemple des établissements proposant des cours du soir. L’acquisition d’un (nouveau) diplôme ouvre évidemment des portes en termes de promotion sociale et il est clair que les possibilités diffèrent d’un pays à l’autre selon l’importance de ces filières et les facilités pour y accéder.
Le réseau social
Le réseau social peut aussi lui différer fortement d’une région à l’autre tant dans sa nature que dans son étendue. Par réseau social, nous entendons toutes les structures et personnes sur lesquelles chaque individu peut s’appuyer. Il peut s’agir du voisinage, de la famille, d’institutions, d’associations, etc.
Dans certains pays, la place de la famille et du voisinage est prépondérante. Dans les pays de l’Ouest de l’Europe, elle tend à s’amenuiser et est relayée avec plus ou moins de bonheur par certaines associations et/ou institutions. Cette moindre importance de la famille implique par exemple que les individus porteurs de handicaps ne sont plus sous la protection des leurs. Dès lors, il devient nécessaire de trouver des solutions de placement, donc de créer des structures leur assurant des conditions de vie décentes. En dehors de ces cas, les conditions de vie peuvent être très difficiles dans des pays où le système de protection sociale est peu développé.
Il en va de même pour les individus dont le bien-être dépend de politiques d’intégration et vivant dans des régions dont ce genre de programmes ne constitue pas une priorité.
la distribution des emplois dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire.
Cette distribution diffère selon les régions et de ce fait, implique des priorités différentes selon la région.
Si l’on envisage le cas de la Belgique :
Dans le secteur du travail
Une série d’avantages ont été acquis (congés annuels, protection contre le licenciement en cas de grossesse ou de maladie, etc.) et l’on peut par exemple relever l’ancrage dans la société d’une tradition de négociation entre patrons et travailleurs, ces derniers était défendus et représentés par les syndicats.
Dans le secteur de la protection sociale
La protection sociale est également particulièrement développée et apparaît comme un droit fondamental. Elle assure des rentrées financières à toute personne (en régime salarié) malade, en congé de maternité, etc. Elle intervient également dans le remboursement total ou partiel des consultations médicales, de médicaments, de séances de thérapie (kinésithérapie, logopédie, etc.). L’importance de cette participation financière dépend du statut de la personne : les remboursements seront plus élevés s’ils concernent un orphelin, une veuve ou un handicapé. Etant donné le nombre d’avantages auxquels donne droit le système belge de sécurité sociale, son financement coûte cher et génère des discussions.
le réseau social
Indépendamment du réseau institutionnel et associatif très dense en Belgique, le réseau relationnel subit une forte mutation puisque l’on observe un nombre croissant de familles « recomposées » (c’est-à-dire constituées au départ d’un couple dont au moins un des partenaires est divorcé ou veuf et a éventuellement un (ou des) enfant(s) issu(s) du (ou des) premier(s) mariage(s). La multiplication des membres de la famille ne permet pas de conclure à un simple enrichissement du réseau familial car les séparations de couples éventuellement présentes dans l’histoire des partenaires impliquent souvent des conflits et des ruptures. Il s’agit donc d’une nouvelle distribution des investissements affectifs et donc, d’une nouvelle configuration du réseau. Par ailleurs, étant donné les caractéristiques occupationnelles (par exemple le travail à temps plein pour les membres adultes de la famille) et le changement des mentalités concernant la prise en charge des personnes âgées et de malades et/ou handicapés, le placement institutionnel (y compris des enfants) devient fréquent.
Les valeurs d’intégration sociale
Ces valeurs sont à l’origine de programmes centrés sur l’intégration dans la société de différentes catégories de personnes « à risque ». On note ainsi l’élaboration ces dernières années de programmes dits de « discrimination positive » et l’affectation de budgets à des projets de cet ordre. Ce genre de programmes intervient aussi dans la promotion sociale qui, par ailleurs, est présente au quotidien, notamment dans le cadre d’établissements scolaires présentant des programmes de formation professionnelle dits « de promotion sociale ».
En Roumanie :
Dans le secteur du travail
Après 1989, la dynamique du marché du travail a énormément changé passant d’une économie planifiée et centralisée vers une économie libre. Pour le moment, l’accès au marché du travail est réduit, on remarque des taux élevés de chômage. La priorité principale des employeurs reste les personnes en bonne santé de moins de 35 ans. D’un autre côté, on peut remarquer une série d’avantages : le congé annuel, le congé médical, l’existence en première depuis 89 d’une semaine réduite de travail, etc. L’emploi dans n’importe quel domaine du travail doit respecter le contrat collectif de travail, un document établi par la loi et signé d’une manière tripartite : le patronat, les syndicats et le gouvernement.
Dans le secteur de la protection sociale
Le contexte culturel et économique actuel n’est pas du tout favorable pour l’intégration professionnelle des populations défavorisées. Sous la pression du secteur non-gouvernemental, on a commencé à promouvoir une égalité des chances pour l’accès à l’emploi, mais il n’existe pas une politique nationale cohérente dans ce sens pour le moment. De plus, les attitudes des employeurs en ce qui concerne les personnes avec des handicaps sont dans la majorité des cas excluantes. Les personnes avec des troubles psychiatriques sont le plus souvent concernées par les refus dans le domaine de l’emploi. Cela ajoute à l’inactivité causée par la maladie, à la réduction drastique des nombres de postes de travail protégés ou d’ateliers d’ergothérapie, donc à une perte de perspectives liées à un possible emploi.
On relève pourtant des progrès dans le domaine de la sécurité sociale : le passage vers un remboursement total ou partiel des consultations médicales et du traitement par les mutuelles et les aides financières spécifiques destinée aux catégories défavorisées (orphelins, veuves, malades et personnes à faibles revenus). Les changements dans les structures et le fonctionnement de la sécurité sociale sont en plein essor mais se heurtent au manque chronique des fonds suffisants. Ces difficultés sont liées à un niveau économique général faible et aux difficultés bureaucratiques.
Le réseau social
Pour le moment, le réseau institutionnel et associatif est assez bien développé, mais le choix de services offerts est assez limité et parfois inopérant à cause des barrières bureaucratiques et économiques. Quant au réseau relationnel, on remarque la maintenance du modèle familial traditionnel, même si, spécialement dans les grandes villes, le nombre de familles recomposées et les couples vivant en concubinage commence à croître. Dans le cas des personnes présentant des handicaps, le modèle familial traditionnel prévoyait un maintien de la personne dans le réseau familial, avec les responsabilités sous-jacentes au niveau financier et soins. L’apparition des institutions de soins spécialisés, les difficultés financières et de temps imposées par la présence d’un membre de la famille avec des problèmes graves de fonctionnement et le changement rapide de mentalités ont comme résultat, au moins pour un nombre de familles concernées, la préférence pour un système de prise en charge institutionnel. Des différences notables entre les deux modèles peuvent être observées entre les familles de milieux rural et urbain et sont liées probablement au niveau différent d’information.
La valeur d’intégration sociale
Pour le contexte roumain actuel, on peut identifier deux aspects liés à l’intégration sociale des personnes « à risque » - une implication de plus en plus importante des institutions communautaires dans la dynamique de l’intégration et le problème d’émigration des jeunes, solution préférée fréquemment à une insertion professionnelle locale. Actuellement, il existe des programmes, spécialement de requalification professionnelle, mais pour les personnes présentant un handicap, ces programmes sont presque absents.