Bonnes pratiques connues pour l'intégration des personnes avec problèmes
Forminser
( En rapport avec le chapitre 4.4 du livre (Page 74) )
4) Diversité des patenaires des projets
Le choix des partenaires devrait idéalement tenir compte des différences entre régions et/ou pays, non pas dans une logique de rejet des partenaires « trop différents », mais afin de déceler d’emblée les aspects susceptibles de poser problème en cours de projet et d’en tenir compte dans l’élaboration des stratégies de recrutement, de formation et d’évaluation. Dans le cas de l’action pilote FORMINSER, les divergences rencontrées étaient liées aux différences culturelles, au niveau inégal des partenaires quant à leur connaissance du projet et aux différences de compétences et connaissances des candidats à la formation.
L’organisation de réunions de travail portant sur le cadre administratif, le cadre de formation, le recrutement et l’évaluation a permis de dépasser ces difficultés. Ces réunions ont abouti à une tentative d’harmonisation basée sur l’utilisation d’outils communs échangés entre partenaires et sur des accords clairs quant aux étapes à suivre dans la concrétisation du projet.
Les outils échangés avaient principalement trait à l’évaluation psychologique (Social Adjustment Scale – Self Report ; Rathus Assertiveness, Self Report ; Echelle de qualité de vie ; Self Esteem Inventory) des bénéficiaires.
Des documents relatifs au recrutement (notamment le bilan dynamique), à l’élaboration du contenu de programme et à l’évaluation des compétences des bénéficiaires ont également circulé en vue d’aplanir les différences initialement observées entre partenaires au niveau de la compréhension et la mise en place du projet.
Certains outils et méthodes de travail ont été adaptés pour les nécessités locales tout en maintenant un lien avec leur conception originale.
Au niveau de la formation proprement dite, chaque partenaire a adopté une méthodologie particulière à sa population et aux caractéristiques des postes de travail envisagés au terme de la formation. Toutefois, les techniques adoptées par les trois partenaires étaient toujours en lien avec la pédagogie du projet (projet individuel). Le programme de chaque partenaire est repris en annexe.
En Belgique, le programme de formation a débuté le 4 novembre 1999 et s’est achevé le 26 avril 2000. Il a été prodigué par des experts propres à la structure AIGS et des experts externes à l’AIGS, selon les compétences requises pour transmettre au mieux les connaissances liées à chaque module.
Pour rappel, ceux-ci étaient centrés sur le projet (individuel), le profil du client, les techniques d’accompagnement, la connaissance des réseaux et la communication.
En termes de méthodologies, les formateurs se sont peu écartés des techniques traditionnellement observées dans l’enseignement en Belgique : ils ont surtout utilisé des notes écrites, ont présenté leur « cours » oralement avec l’aide d’un support visuel statique (tableau), ont parfois eu recours à des exercices et souvent, à l’échange verbal de type discussion ou débat avec les bénéficiaires.
Le choix de cette méthodologie n’a pas réellement été posé. Il s’est inscrit dans la logique de l’enseignement – ou de la formation – telle qu’elle apparaît encore souvent dans le pays (cours magistral) même si elle s’efface de plus en plus au profit d’une logique davantage centrée sur l’interactivité et l’animation (vidéos, jeux de rôle, interactions professeurs/étudiants, etc.).
La confrontation avec les méthodologies employées par les partenaires grec et roumain a déterminé une prise de conscience quant à l’inadéquation des cours magistraux par rapport aux bénéficiaires, du moins pour un certain nombre des matières envisagées dans la formation. Un changement de direction a été opéré avec l’introduction de jeux de rôle et le recours plus fréquent aux exercices.
En Roumanie, le programme de formation a débuté en janvier 1999 et s’est achevé au mois de mai 2000. Pour les modules de préformation (voir chapitre III) et les modules clients, projet professionnel et habiletés de communication, les formateurs étaient membres de l’équipe responsable de projet. Le module de formation proprement dit (180 heures de formation théorique et pratique ; 60 heures de pratique supervisée avec d’autres usagers du Centre psychosocial Armonia) a bénéficié d’instructeurs spécialisés sélectionnés par concours.
La méthodologie d’enseignement s’est surtout centrée sur des applications pratiques et moins sur des « cours » académiques. Ont fait partie intégrante de l’enseignement, les applications pratiques ou les exercices de type jeu de rôle et activités de groupe.
Ces applications ont été appréciées par les bénéficiaires et l’équipe de formateurs.
Les techniques cognitivo-comportementales d’intervention ont été introduites dans la structure des cours dans le cadre de la résolution des conflits et dans le déroulement des séances faisant partie des modules « clients », « projet » et « habiletés de communication ». Ces techniques ont été requises par la particularité de la population des usagers. L’aspect thérapeutique de cette démarche a été nettement évident.
Une autre particularité a résidé dans le travail en équipe pluridisciplinaire pour l’élaboration méthodologique – la présence d’un instructeur spécialisé, de deux psychologues, d’un psychiatre et d’un travailleur social a permis la couverture adéquate des problèmes posés par la population des usagers. Cette couverture a permis d’envisager tous les éléments liés aux besoins spécifiques des usagers, aussi bien du point de vue de leur souffrance psychique que de leurs besoins éducatifs.
La structure particulière du programme de formation (organisé sur 4 ateliers différents et avec des localisations différentes) a nécessité l’organisation périodique de rencontres avec le groupe élargi, c’est-à-dire l’entièreté du groupe de bénéficiaires. Des séances individuelles de counselling sur des sujets professionnels et personnels ont été assurées par les deux psychologues travaillant dans le projet permettant une meilleure compliance à l’activité de groupe. Pour la résolution des conflits survenus dans les ateliers, nous avons favorisé une centration sur les problèmes apparus avec la participation de l’instructeur et des participants à l’atelier.