Volonté de coopération Européenne

Euro-Psy-Réhabilitation

( En rapport avec le chapitre 4.2 du livre (Page 70) )

Sites Internet en complément d'information : http://www.europsy.be http://www.aigs.be

La personne handicapée maître de sa réhabilitation : les bases politiques de la lutte contre la discrimination

Les programmes européens développés ces dernières années cherchent à créer une culture de coopération dans les Pays membres, afin de promouvoir l’égalité des chances et faciliter l’intégration de la personne porteuse de déficience.

La logique des échanges suscités par les programmes européens, est incontestablement une logique de services à l’usager, fondée sur des valeurs humanistes et scientifiques.

Du point de vue des valeurs humanistiques, les programmes européens défendent activement l’idée que la personne handicapée est une personne qui a droit à des interventions positives centrées sur ses capacités et non sur ses handicaps.

Les programmes affirment ainsi avec force le droit de l’usager à la dignité, au respect de sa personne et de ses valeurs, à l’espoir d’un mieux être que l’on exprime maintenant le plus souvent en termes de qualité de vie différenciée. L’autre est fondamentalement considéré comme égal, comme partenaire d’une entreprise commune.

A la situation d’usager consommateur passif de services, s’est substituée la notion d’usager citoyen – partenaire et même dans certains cas, promoteur de services.

A la notion de dialogue professionnel – usager s’est substituée la notion de trialogue professionnels – usagers – familles repositionnant très clairement les rôles et les attentes de chacun dans cette entreprise commune.

Du point de vue des valeurs scientifiques, les programmes européens soutiennent un ensemble d’initiatives concrètes visant à promouvoir des outils qui constituent en quelque sorte des référentiels communs à travers lesquels sont analysées les pratiques, à travers lesquels s’opèrent des enregistrements systématiques de données ouvrant l’accès à la recherche et à la critique de nos stratégies.

Certains programmes européens se positionnent très clairement dans cette dynamique de mise au point d’un référentiel commun: ainsi le projet «Start – Bilan Dynamique» réunissant des partenaires Portugais, Français et Belges, a mis au point en 1998 une méthodologie de formalisation des trajectoires d’insertion à travers l’identification d’objectifs précis de réhabilitation, identification elle-même associée à une identification tout aussi précise de ressources, disponibles ou non, dans la communauté proche de l’usager. D’autres programmes ont quant à eux été davantage axés sur la formation (projet Hirondelle, programme Léonardo) ou sur la mobilisation des communautés locales (projets Créatif, Interreg, Eurégio).

A côte de ces programmes européens, Euro-Psy-Réhabilitation a œuvré dès sa création à la défense des mêmes valeurs humanistes et scientifiques comme en témoigne l’évolution des séminaires organisés depuis 1993:

  • Le séminaire à Sarrebruck en 1993, s’est spécialement attaché aux stratégies de la réinsertion dans la communauté européenne.

  • Le séminaire de Bordeaux en 1994, s’est centré sur le travail comme valeur d’adaptation et d’intégration socio-économique des personnes handicapées psychiques et mentales.

  • Le séminaire de Pampelune en 1995 a porté la réflexion sur la responsabilité réciproque des usagers et des professionnels dans le travail de réhabilitation.

  • Le séminaire de Morpeth en 1996 a posé la question de l’égalité des chances, mythe ou réalité.

  • Le séminaire de Linz en 1998 reprenait quant à lui une réflexion sur l’intégration dans la communauté à laquelle étaient étroitement associés les usagers et leurs familles.

  • Le Festival Art – Sport – Culture de Spa en 1999, centré sur la qualité de vie, a innové par rapport aux activités précédentes dans la mesure où, à côté d’une réflexion classique en séminaire, il a instauré un concept nouveau de participation décloisonnée à des activités culturelles et sportives sous forme d’un festival ouvert sur la communauté cherchant par là à poser le concept d’intégration comme un processus collectif de reconnaissance de la participation de chacun au fonctionnement global de la société et de la culture en tirant richesse des spécificités individuelles tout en mettant l’accent sur les ressemblances et les convergences dans l’égalité des droits et des devoirs de façon à assurer la cohésion du tissu social.

Finalement, le Séminaire/Festival d’Art, Sport et Culture de Estoril en 2000 abordait un thème particulièrement politique quant à la lutte contre la discrimination et utilisait un modèle semblable à celui de Spa, ce qui a renforcé l’affirmation des droits et l’égalité des chances en dénonçant la discrimination existant en Europe, de façon larvée ou explicite.

Toutes ces initiatives se basent sur un ensemble de principes directeurs notamment:

L’égalité des chances: Ce principe affirme que chaque personne est différente, mais que chacun doit avoir les mêmes chances d’épanouissement selon le mode de vie qu’il s’est choisi.

La citoyenneté: Ce principe affirme que chacun joue un rôle actif dans la société et qu’il doit être en mesure d’assumer ses responsabilités et d’exercer ses droits.

L’indépendance et la solidarité: Ce principe affirme un mode de fonctionnement ou chacun exerce vis à vis de chacun des rôles complémentaires et reconnus dans un climat de solidarité.

L’intégration dans la vie quotidienne de la société: Ce principe insiste sur les droits de la personne: droit à l’enseignement, au logement, au travail, droit d’accès aux services de la communauté, droit de choisir son mode de vie.

Le respect et la valorisation des différences: Ce principe affirme que les différences doivent être vues comme sources de richesse de par la multiplication des points de vue qu’elles sous-tendent plutôt que comme sources de problèmes.

Le choix et le contrôle: Ce principe reprend sous une autre forme l’affirmation des droits de chacun: chacun, au sein d’une société doit bénéficier des mêmes pouvoirs de choix et de contrôle sur la façon de mener son existence.

La participation aux discussions: Ce principe affirme le droit pour la personne handicapée comme pour tout autre personne d’ailleurs de prendre part aux discussions qui ont un impact sur son existence.

La priorité aux capacités: Ce principe affirme la nécessaire orientation des pratiques vers l’exploitation et l’accroissement des capacités plutôt que de garder l’accent sur le handicap.

L’assistance individuelle: Ce principe affirme le droit des personnes handicapées à voir leurs besoins identifiés et satisfaits de façon adéquate par une assistance individuelle appropriée.

L’examen et l’adaptation permanents: Ce principe affirme la nécessité d’un processus permanent d’évaluation garantissant la qualité des services et leur adéquation à l’évaluation des circonstances.

La mise en réseau: Ce principe prône la constitution de structures d’échange, d’information et de diffusion des bonnes pratiques impliquant les organisations locales, régionales, nationales et internationales.

La sensibilisation de la population: Ce principe prône l’information permanente de l’ensemble de la population à propos des droits et des potentialités de chacun.

Ces principes peuvent à certains égards paraître redondants, mais ils laissent très clairement apparaître en filigrane un ensemble de concepts qui portent sur la théorie de la normalisation et de la valorisation des rôles sociaux, sur la problématique de la qualité de vie subjective, sur la problématique de l’insertion – exclusion et naturellement sur le problème de la discrimination.